Accueil Etude de cas/Articles Cas 2 : Souffrance et culpabilité

Jack, un Anglais de 45 ans me consulte en 2001. Il a été célibataire longtemps et s’est marié avec une compatriote depuis un an. Ils vivent en Belgique. Elle a des enfants d’une union précédente. Celle-ci vient de faire une tentative de suicide 5 semaines avant de me consulter.

Il me dit qu’il ne l’aime plus et en fait qu’il ne l’a jamais aimée. Il est fâché car ça n’a jamais marché entre eux, elle est dépressive et ne se fait pas soigner. Je suis encore nouvelle à la technique EFT et je sens que c’est ce qui lui faut. Néanmoins c’est difficile à amener. Je prends mon courage et lui propose : pourquoi ne pas tenter quelque chose d’étrange mais qui marche ? Il est d’accord. Et nous commençons :

  • Même si je me sens coupable de ne pas avoir arrêté la relation suffisamment tôt, je m’accepte …
  • Je sens qu’il trouve ces tapotements très étranges … Je lui suggère alors :
  • Même si cette technique est très étrange et je ne suis pas sûre qu’elle marche et que ça puisse marcher pour moi et ce problème, je m’accepte et je choisis d’avoir confiance….

La confiance revient alors nous continuons :

  • Même si je me sens coupable pour ses enfants, je m’accepte totalement, …
  • Même si je ne me sens pas la force de dépasser cette culpabilité, elle me rend coupable quand elle me dit ce que je lui fais…
  • Même si je me sens coupable quand elle pleure, …
  • Même si cela semble terriblement dur d’envisager la séparation, je trouve si dur de faire souffrir les gens, …

Il semble inconsolable et toujours plein de culpabilité, nous continuons et je soupçonne un événement antérieur. Et je pose la question à la fin du dernier tapotement. « Et qu’est-ce que cela vous rappelle ? » Et là il se souvient d’un événement avec ses parents que nous tapotons. La séance se termine . La culpabilité est à 0/10 mais Jack reste dubitatif.

Je reçois un sms quelques semaines plus tard. Jack s’est séparé de sa femme. Elle est retournée en Angleterre.

L’histoire d’Oscar ressemble un peu à celle de Jack. Sauf qu’il est plus jeune et que cela se présente différemment. Oscar a 30 ans et a une petite amie en Belgique depuis peu et sa petite amie précédente vit en Espagne. Elle est au courant qu’il a rencontré quelqu’un en Belgique et semble intéressée de le reconquérir. Elle veut absolument qu’il choisisse. Oscar trouve cela impossible. Dès qu’il imagine quitter l’une pour l’autre, il la voit délaissée en larmes et cela lui fend le cœur. Il sent qu’il en préfère une des deux mais vraiment quitter l’une des deux semble infaisable, ce choix est trop cornélien. « J’ai du mal à faire souffrir les gens donc je ne sais pas comment je pourrais faire. Je fais sans doute un amalgame avec ce que j’ai vécu très jeune, j’ai fait un choix qui a fait souffrir ma mère ». Je demande plus d’explications et alors là, je comprends mieux. Oscar m’explique que ses parents se sont séparés alors qu’il avait 12-13 ans. Ses parents n’ont pas trouvé mieux que de lui demander un choix entre son père et sa mère. Comme si un enfant pouvait faire ce choix ! Oscar a dû choisir contraint et forcé. Il a choisi son père et sa mère s’est mise à pleurer. Donc nous avons tapoté :

  • Même si j’ai de la culpabilité de faire souffrir une femme, je m’accepte…
  • Même si j’ai fait souffrir ma mère, mais j’ai été contraint et forcé, je suis ouvert à la possibilité de pardonner à quiconque a participé de cette culpabilité moi y compris, je me sentais impuissant, comme dans un tourniquet sans fin….
  • Même si je n’aime pas voir souffrir les gens…
  • Même si c’est ma mère que je vois pleurer, je m’accepte…

Finalement je demande de faire un film du fameux jour où il a du choisi et donné sa réponse quand sa mère était en pleurs. Le film s’appelle « la déchirure ».
Même s’il y a eu le film « la déchirure », je m’accepte, …

Dès qu’un aspect se dégageait à chaque série de tapotement, on tapotait sur l’aspect. Oscar était très impatient de revenir au présent. J’insistais de bien nettoyer « la déchirure » car je sais que c’était la cause de son impossibilité à faire un choix dans le présent.

En partant, Oscar m’a dit qu’il savait laquelle choisir avec un sourire.

Caroline
 

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